FEU DE FORET DE COCOTIERS

AUX ILES DU SALUT

TEXTE :  Caporal-chef GUIDAT Laurent / CSP Kourou

PHOTOS : Eric BOUISSET, Légionnaire en poste sur les Iles

              Le 25 Septembre 2004 à 15H28, un feu de forêt constitué de cocotiers, se déclare sur une des trois Iles du salut au large de Kourou, l’Ile Saint Joseph. Huit sapeurs-pompiers et du matériel lourd seront nécessaire pendant deux jours, pour venir à bout des flammes.

Il est 15H28 le 25 Septembre 2004, le CTA Guyane (973) reçoit plusieurs appels pour un feu de forêt constitué de cocotiers sur l’Ile saint Joseph au large de Kourou. La demande de secours est immédiatement retransmise au stationnaire du CSP Kourou.

Le chef de garde (ADJ GALLIOT) prévient aussitôt l’officier de permanence du groupement le CNE HENRIOT M et l’officier de permanence départemental le CDT RUAUX, qui engagent immédiatement des moyens conséquent. Huit sapeurs-pompiers, avec deux motopompes flottantes, une motopompe portative (pour les relais), trois claies de portage avec de nombreux tuyaux, cinq battes à feu, prennent la direction des Iles au moyen de l’ERS IBIS du CSP et se présentent 40 mns plus tard.

Dès l’arrivée des secours, une importante fumée se dégage à plus de 300 m de la mer sur les hauteurs de l’Ile. Le chef d’agrès de l’ERS, le SCH GIRARD H. C. après une rapide reconnaissance, divise le secteur d’attaque en deux, afin de circonscrire le feu avant sa propagation vers les vestiges du bagne, soigneusement entretenus par les Légionnaires en poste sur l’Ile.

DEUX LDV SONT ETABLIS

Le 1er SECTEUR : sous le commandement du SCH GIRARD, consiste à établir une petite lance (LDV), sur le flan Ouest de l’île, alimenté par une motopompe flottante (point d’eau la MER ), en relais avec la motopompe portative à 250 m dans les hauteurs de l’île.

Le 2ème  SECTEUR : sous le commandement du CCH GUIDAT L, consiste à établir une petite lance (LDV), sur le flan Est de l’île, alimenté par une motopompe flottante (point d’eau la MER ), sans relais à 100 m dans les hauteurs de l’île.

La distance entre le point d’eau et les points d’attaques, mêlé au vent fort du moment et au dénivelé important sur l’île, rendent l’intervention particulièrement difficile.

 

       

A   16H 50 , la première petite lance attaque le foyer Ouest et sera suivi de la deuxième cinq minutes après. Le chef d’agrès (SCH GIRARD), après une deuxième reconnaissances et au vue du nombre de vestiges du Bagne à protéger, demande renfort en matériels.

Le CSP Kourou, ne possédant qu’une seule embarcation (ERS), fait appel au détachement de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), en poste au Centre spatial Guyanais (CSG). Leur concours nous permettent d’établir une petite lance supplémentaire et de relayer les personnels du CSP Kourou.

MAÎTRE DU FEU

Après l’établissement de trois petites lances et une lutte dans un milieu montagneux et parfois hostile, les secours sont maître du feu à 02 H 55 le 26 septembre 2004 et les premiers noyages des souches de cocotiers ainsi que la surveillance débutent.

Plusieurs rondes seront effectuées de nuit (les personnels dormant sur place), avant de confirmer l’extinction totale.

L’opération prend fin le 27 septembre 2004 à 17H00, après le démontage des dispositifs hydrauliques. Cette opération particulière au cœur d’un site sensible, à bénéficié de l’efficacité des 1ère équipes intervenantes et de la présence des renfort du détachement de la BSPP , ainsi que des gendarme et des légionnaires en poste sur l’Ile.

 

MOYENS ENGAGES :

CSP Kourou :  ERS, 2 motopompes flottantes,2 motopompes portatives, matériels divers pour feu de forêt.

Détachement BSPP :  ERS, 1 motopompe portative, matériels divers pour feu de forêt.

Gendarmes des îles

Légionnaires des îles

ELEMENTS FAVORABLES :

Rapidité de l’alerte

Nombre de personnels SP disponible rapidement

Mer calme

La parfaite coordination entre le SDIS 973 et la BSPP                                           

Bonne couverture, téléphone cellulaire

ELEMENTS DEFAVORABLES :

Vent fort

Aucune présence de point d’eau sur l’île

Routes et véhicules inexistant sur l’île

Propagation rapide des cocotiers

Peu de touristes ce jour

UN PEU D’HISTOIRE                                                                    LES ILES DU SALUT

 

Initialement appelées Îles du Triangle, puis Îles du Diable, elles sont devenues Îles du salut à l’occasion de l’expédition de Kourou (1763-1765) conduite par Choiseul sous Louis XV. Plus de 2000 colons y trouvèrent refuge, pendant que 10 000 périssent à Kourou. Occupées un moment par un échelons militaire d’artillerie (1800-1850) elles ont pris leur aspect actuel avec l’implantation du bagne en Guyane. Les premiers détenus ont débarqué en Mai 1852. Les îles Royale et Saint Joseph ont accueilli forçats et déportés (1000 à 2000 suivant les périodes) alors que l’île du Diable était réservé aux détenus politiques. Les premières constructions provisoires furent transformées en dur dès 1880, quand les îles Royale et Saint Joseph devinrent centre de réclusion pour récidivistes. Leur réputation était terrible, nul ne pouvait s’en échapper… Une littérature abondante, d’Albert Londres à Henri Charrière (Papillon) a contribué au mythe, en véhiculant des images de désolation. Les bagnes de Guyane ont été définitivement fermés en 1947. A partir de 1965 l’implantation sur l’île Royale du cinétélescope associé à une mini-infrastructure (logements, centrale électrique) redonna vie à l’île. A son arrivée, le CNES n’avait trouvé que ruines éventrées par une végétation luxuriante envahissant des bâtiments dévastés.

En 1979 les îles deviennent patrimoine national.